Il y a parfois des morceaux que l’on garde si longtemps qu’ils finissent par devenir les témoins silencieux de plusieurs versions de soi-même, et c’est précisément ce que Cido décide aujourd’hui de faire avec "Avant l’aube", une playlist de six titres enregistrés en 2025 et enfin confiés à sa communauté. L’artiste choisit de ne plus attendre le moment idéal pour les dévoiler, convaincu que ces chansons ont davantage besoin d’exister que d’être enfermées dans une quête permanente de perfection. À travers cette sortie, Cido ouvre ainsi une fenêtre sur différentes périodes de son parcours, avec des morceaux qui portent les traces de ses questionnements, de ses frustrations, de ses ambitions et de ses blessures. Le projet prend alors des allures de carnet intime où chaque chanson semble conserver une émotion particulière, entre le besoin de comprendre pourquoi les choses n’avancent pas, la volonté de continuer à croire et la nécessité de rester fidèle à soi-même. "Avant l’aube" apparaît donc comme une libération artistique autant qu’une nouvelle manière pour Cido de regarder son propre chemin avec davantage de recul.
Entre doutes, ambition et famille, Cido dévoile un univers profondément personnel
Au cœur de la playlist, "Inchallah" traduit les interrogations d’un artiste qui observe les réussites autour de lui tout en se demandant pourquoi ses propres efforts semblent encore tarder à porter leurs fruits, donnant au projet une dimension particulièrement humaine. Cette recherche de réponses se poursuit dans "Si je pouvais", où Cido laisse davantage tomber les barrières pour évoquer ses peurs, ses rêves de richesse, sa fidélité à son entourage et son refus de jouer un rôle pour correspondre aux attentes des autres. Avec "Sang froid", l’ambition devient plus collective, puisque la réussite espérée n’est pas seulement présentée comme une victoire personnelle, mais comme quelque chose que l’artiste souhaite construire pour sa mère et sa famille, malgré les doutes qui peuvent accompagner chaque étape. Le morceau révèle aussi une personnalité méfiante mais déterminée, consciente que l’avenir reste incertain et que certaines promesses, même lorsqu’elles viennent avec de belles paroles, peuvent être difficiles à accepter sans réserve. De son côté, "Raison" déplace le curseur vers l’intime et les relations sentimentales, racontant la difficulté de se détacher d’une personne qui continue d’occuper les pensées malgré la distance, les déceptions et le sentiment d’avoir trop donné.
De la solitude à l’espoir, "Avant l’aube" dessine le chemin d’un artiste qui refuse d’abandonner
La dimension spirituelle occupe également une place importante dans le projet avec "Oh Lord", morceau dans lequel Cido transforme ses incertitudes en une adresse directe à Dieu, entre solitude, patience et espoir de voir enfin son heure arriver. Cette relation à la foi permet à l’artiste de mettre des mots sur une question qui traverse plusieurs titres : faut-il considérer son parcours comme un retard ou simplement accepter que chacun avance selon son propre rythme ? "À quoi ça sert ?" prolonge cette réflexion dans une atmosphère plus sombre, marquée par la méfiance, les fausses connexions, la jalousie, les trahisons et la volonté de rester à distance de ceux qui pourraient détourner l’artiste de son chemin. Pourtant, derrière ces blessures et ces moments de solitude, Cido conserve une forme de détermination qui empêche le projet de sombrer dans le pessimisme, car ses doutes semblent toujours accompagnés par l’idée qu’un lendemain meilleur reste possible. Avec "Avant l’aube ", l’artiste livre finalement une œuvre qui assume ses imperfections, ses contradictions et ses cicatrices, tout en transformant six morceaux longtemps conservés en une photographie sincère d’un parcours encore en construction.

