Dans une époque où les tendances se succèdent à grande vitesse, certains artistes choisissent de regarder dans le rétroviseur pour mieux affirmer leur place dans le présent. C’est exactement la démarche adoptée par Black M avec "Les Yeux plus gros qu’Abidjan", un freestyle dévoilé le 19 juin qui résonne comme une déclaration d’intention. À travers ce titre, le rappeur français fait directement référence à "Les Yeux plus gros que le monde", l’album qui avait marqué son envol en solo en 2014 après l’aventure Section d’Assaut. Plus qu’un simple clin d’œil nostalgique, cette nouvelle sortie apparaît comme une manière de rappeler le chemin parcouru tout en affichant de nouvelles ambitions. Le morceau s’inscrit ainsi dans une logique de continuité où l’expérience acquise nourrit encore aujourd’hui sa vision artistique.
Un clin d’œil assumé à une étape décisive de sa carrière
Porté par une production Boom Bap authentique, le titre met en lumière un Black M déterminé à renouer avec l’essence même du rap qui a construit sa réputation. L’artiste y affiche une confiance intacte, revendiquant son ancienneté dans le milieu tout en démontrant qu’il conserve la même énergie créative qui a fait son succès. Entre références à son parcours, observations sur l’industrie musicale et volonté de rester fidèle à lui-même malgré les évolutions de sa carrière, il livre un texte dense et incisif. Le morceau reflète également son désir de continuer à innover sans céder aux attentes imposées par les modes du moment. Cette combinaison entre maturité, maîtrise technique et spontanéité confère au freestyle une dimension particulièrement marquante.
Abidjan au cœur d’un retour symbolique
L’univers visuel accompagne parfaitement cette démarche puisque le clip a été entièrement tourné dans les rues d’Abidjan, ville qui occupe une place centrale dans le récit du morceau. Les images mettent en avant l’énergie de la capitale économique ivoirienne tout en multipliant les références destinées aux amateurs de culture urbaine, notamment à travers des clins d’œil à Himra et à Gims. Ce choix artistique renforce le caractère personnel du projet et souligne l’attachement de Black M aux influences africaines qui nourrissent son identité. En associant une esthétique de rue assumée à un rap plus brut et direct, l’artiste parvient à créer une œuvre qui relie plusieurs générations de son public. "Les Yeux plus gros qu’Abidjan" apparaît ainsi comme un rappel puissant : Black M n’a jamais cessé d’être un rappeur, et entend bien continuer à écrire son histoire avec la même ambition qu’à ses débuts.
