Débuté le 4 février à Cotonou, le Festival International des Films de Femmes a refermé ses portes samedi dernier, au terme d’une soirée de clôture à la hauteur des attentes. L’esplanade de la place de l’Amazone a servi d’écrin à ce moment solennel où le cinéma féminin africain a célébré ses talents. Sous la présidence d’Eva Guehi, le jury a dévoilé un palmarès qui reflète la diversité et la puissance des regards portés par les réalisatrices du continent. Le prix Amazone du Jury est revenue à Why The Cattle Wait de la Sud-Africaine Phumi Morare, salué pour sa force narrative. L’Amazone du Documentaire a distingué Les Chaînes du Deuil de la Béninoise Dorcas Ganmagba, une récompense accueillie avec émotion par le public. Lydia Matata du Kenya a remporté l’Amazone du Scénario pour Float, tandis que Traoré Hana Halima Lebo s’est illustrée par son rôle dans MIA. Enfin, l’Amazone d’Or a consacré le film nigérian The Incredible Sensational Fiancée d’Abbesi Akhamie, clôturant la cérémonie sous une pluie d’applaudissements.
Cinq jours d’échanges, de savoirs et de découvertes
Au-delà des trophées, le FIFF 2026 aura surtout été une grande fête du partage et de la transmission. Pendant cinq jours, Cotonou est devenue le carrefour incontournable des femmes du cinéma, des professionnels de l’image et des passionnés venus de divers horizons. Les projections ont offert au public une plongée dans des histoires puissantes, parfois bouleversantes, toujours nécessaires. Les master class ont permis aux jeunes talents de dialoguer avec des figures expérimentées, ouvrant des perspectives nouvelles. Les panels ont, quant à eux, soulevé des thématiques majeures liées à la création, à la représentation et aux défis de l’industrie. Chaque rencontre a nourri des débats riches, révélant l’urgence de soutenir davantage les voix féminines. Les festivalières et festivaliers ont ainsi découvert une programmation audacieuse qui marque durablement les esprits.
Cotonou, capitale du cinéma féminin africain
Cette quatrième édition confirme que le cinéma féminin africain rayonne avec assurance et créativité. En accueillant un tel rendez-vous, Cotonou affirme son rôle de vitrine culturelle et de terre d’hospitalité artistique. L’enthousiasme du public, la qualité des œuvres et la rigueur de l’organisation témoignent d’une montée en puissance remarquable. Cornelia Glèlè, présidente de l’association Écran Bénin et initiatrice du festival, peut savourer le chemin parcouru. Avec son équipe, elle a une nouvelle fois réussi à transformer ce pari en réussite collective. Le FIFF s’impose désormais comme une plateforme essentielle pour révéler, connecter et célébrer les talents féminins du continent. Les rideaux sont tombés, mais l’écho de cette aventure continuera d’inspirer longtemps le monde du cinéma.

