L'illustre slameur francophone Souleymane Diamanka débarque au Bénin

L'illustre slameur francophone Souleymane Diamanka débarque au Bénin

Sa venue déplace des lignes dans le slam béninois. Une arrivée qui confirme à quel point le milieu se reconfigure et qu’il se reconstitue une structuration interne. La participation de Souleymane Diamanka au Festival International Francophone de Slam-Poésie, prévu du 5 au 9 mai 2026 au Bénin, est une preuve palpable de la nouvelle dimension que vise cet art et ses artistes dans notre contexte.


UN MOMENT CHARNIÈRE POUR LE SLAM DU PAYS

Pendant cinq jours, ateliers, masterclass, scènes ouvertes, conférences et performances rythmeront la vie du festival. Mais au-delà de la programmation, c’est une rencontre stratégique qui se dessine : celle entre plusieurs générations de slameurs.ses béninois.e.s, forgées de plusieurs matières de dire et de transmettre les émotions, et une voix majeure du slam francophone qui, depuis plus de deux décennies, explore les territoires de l’oralité avec exigence et profondeur.

Car Souleymane Diamanka  est de ceux qui ont contribué à donner au slam francophone ses lettres de noblesse, en le tirant vers une forme où la poésie est habitée en plus d’être dite. Chez lui, le verbe est formulation, esthétisme de formes, travail sur la langue, creusées et croisements de subtilités langagières. Ainsi il traduit la teneur de l’idiome peul à travers la rhétorique et la poétique française. Un pont de sens, de sentiments, de parlers qui a inspiré au-delà des frontières et suscité des vocations. Entre héritage africain, langue française et mémoire intime, son écriture a ouvert des voies que beaucoup, sur le continent, ont empruntées.

Au Bénin, cette influence est tangible. Dans les ateliers d’écriture, sur les scènes émergentes, dans les textes portés par de jeunes voix, on retrouve cette attention au rythme, cette quête de justesse, ce souci de faire dialoguer les mondes. Sa venue agit ainsi comme un retour aux sources, ou plutôt comme une reconnaissance mutuelle : celle d’un artiste envers une scène qui s’est nourrie de son travail, et celle d’un milieu slam envers un artisan de la parole qui a contribué à façonner son paysage.


UNE PROGRAMMATION RICHE ET ENRICHISSANTE

La programmation du festival reflète d’ailleurs cette dynamique. Dès le 5 mai, les ateliers d’écriture ouvriront un espace de transmission directe. Moments qui seront prolongés les jours suivants par des échanges autour de la poésie et de la réconciliation, puis une masterclass donnée par Souleymane Diamanka le 8 Mai.

Le premier point d’orgue scénique sera notamment la scène ouverte prévue sur le Campus d’Abomey-Calavi où les voix des nouvelles générations locales, les premiers pas de slameurs.ses amateurs.trices pourront se déployer. La seconde étape clé se tiendra lors de la “Grande Nuit du Slam” qui rassemblera la crème des slameurs et slameuses du Bénin, dans une célébration collective de l’oralité contemporaine.

Et enfin, le 9 mai, viendra le temps du “One Poet Show”. Un spectacle singulier, à la croisée du stand-up, du théâtre et du concert, où Souleymane Diamanka tisse ses textes comme autant de passerelles entre les formes et les émotions. Il s’agira d’un moment d’écoute, de partage et d’une clôture de standing durant laquelle l’expérience du poète peul bordelais se répandra au sein de l’Institut Français.


EN DEFINITIVE...

Voir Souleymane Diamanka au Bénin, c’est assister aussi bien à un spectacle hybride que participer à un moment historique qui est en train de s’écrire. Car ce qui se joue ici dépasse la scène : c’est la consolidation d’un espace francophone de création où les circulations sont réelles, où les influences ne sont pas à sens unique, et où les artistes du continent prennent pleinement part à l’écriture du présent. Du 5 au 9 mai 2026, le slam béninois franchira un nouveau cap. Il prouvera sa maturité dans la célébration incarnée, transmise et renouvelée de la parole qui voyage, se transforme et continue d’allumer, d’un territoire à l’autre, des foyers d’expression intemporelle.


(C) Djamile Mama Gao.

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